Pour de nombreuses personnes malades chroniques, les soins de santé représentent un poste important du budget mensuel. Les nombreux médicaments et les séances très fréquentes de kinésithérapie (destinées à permettre à ces malades de conserver une certaine mobilité, même limitée), le recours quotidien aux services d’aide et de soins à domicile (infirmière et aides familiales), peuvent, en fin de compte, représenter jusqu’à 50 % du budget mensuel d’une personne malade isolée.
Face à des frais aussi élevés, il devient très difficile de couvrir tous les autres frais inhérents à une vie quotidienne décente et d’une certaine qualité (frais de logement, d’alimentation, de transport, de communication, …).
Parmi les premiers postes « sacrifiés » en faveur des soins de santé et autres soins connexes indispensables, figurent les loisirs, vacances et autres voyages de détente qui représentent alors moins de 1 % du budget d’une personne malade chronique.
Avec la maladie et la douleur, la personne malade chronique bénéficie d’un niveau de vie plus faible que nos concitoyens valides et d’un réseau social plus éclaté qui ne lui permet pas toujours de faire face à la solitude liée à son état.
Devant cette inégalité des personnes fragilisées par le handicap et la maladie chronique face aux frais de santé, la sécurité sociale constitue souvent le seul moyen de protection possible.
Ainsi, par exemple, aujourd’hui, 15,2 % (*) de nos concitoyens (soit un peu moins d’1 belge sur 6) vivent sous le seuil de la pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 820 euros par mois.
Si notre système de sécurité sociale solidaire n’existait pas, 41 % (*) de nos compatriotes vivraient sous ce seul de pauvreté.
Nous ne pouvons que regretter la position de l’Europe à propos des assurances complémentaires des mutualités. En effet, la position soutenue à l’heure actuelle par l’Union Européenne risque de faire basculer certaines de ces assurances complémentaires mutuellistes dans le giron des assurances privées et constitue une menace réelle pour le principe de solidarité de tous les cotisants en faveur des personnes fragilisées, et un éventuel premier pas vers une sécurité sociale à deux vitesses.
Altéo souhaite donc le maintien du système actuel d’une sécurité sociale belge qui garantit à tous les citoyens en règle de cotisation à l’assurance soins de santé et à la Mutuelle, un accès à des soins de santé de qualité et à des prix abordables pour tous.
L’élargissement du bénéfice du MAF (Maximum A Facturer) à un plus grand nombre de bénéficiaires permettrait de tenir compte du coût élevé des médicaments et autres soins de santé des personnes malades chroniques, sans pour autant limiter ce système de remboursement à un nombre restreint de maladies reprises sur une liste pré-établie.
Si nous pouvons nous réjouir des mesures budgétaires comme par exemple la mise en place d’un forfait de soins ou du Maximum A Facturer (MAF) en faveur des personnes lourdement malades ou handicapées, Altéo se doit aussi d’attirer l’attention sur ces inégalités et demander le maintien d’un système fort et solidaire de sécurité sociale.
C’est pourquoi Altéo a lancé une campagne de sensibilisation et d’information du grand public et des professionnels de la santé depuis quelques semaines déjà.
Dans notre province de Luxembourg, des dépliants d’information et de sensibilisation seront déposés dans les bureaux des Centres Mutuellistes de Santé (CMS) d’Arlon, Virton, Libramont, Bastogne et Marche, ainsi que dans un certain nombre de pharmacies et autres lieux de consultation médicale, par exemple).
D. ANTOINE,
Vice Président régional.
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