Des recettes de grand-mère | Jean-Luc Dubart

Publié le 18 août 2008
dans Culture.
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Précautions oratoires : d’une part, l’exercice illégal de l’art de guérir conduit à de graves abus ; mais, par ailleurs, il serait vain de dénier toute valeur à la médecine populaire. Tous les remèdes, en d’autres termes, ne sont pas à rejeter.

Soyons sérieux, tout d’abord. Je vais vous parler des vertus de l’ortie.
Savez-vous que l’ortie a des vertus hémostatiques, c’est-à-dire qu’elle arrête l’hémorragie. Si vous saignez du nez, vous pouvez introduire dans les narines un coton imbibé de suc frais d’ortie.

La décoction pendant 5 minutes d’une poignée de feuilles dans 100 grammes d’eau, bue trois fois par jour peut faire baisser le taux de sucre dans les urines. L’ortie est donc à recommander aux diabétiques.
L’infusion de feuilles d’orties purifie le sang, combattant ainsi la goutte et le rhumatisme.

Une alcoolature de feuilles d’ortie, que l’on peut mêler à part égale avec des graines de capucine favorise la croissance ou la repousse des cheveux.
Non, vous ne devez pas prendre de note, Jean-Pierre.
Avec la racine d’ortie, en tout cas, on prépare une autre lotion capillaire, en faisant macérer 60 grammes de racines séchées avec 60 grammes d’origan dans de l’eau-de-vie pendant un mois. On en boirait presque, n’est-ce pas ?

Les orties peuvent être consommées en potage délicat. J’ai déjà bu de la soupe d’orties. C’est délicieux. Il est conseillé de les récolter avant l’arrivée des hirondelles, orties qui n’ont pas encore eu de fleurs bien sûr. Avec un oignon, de l’ail, du beurre, du poivre, du sel, et au moment de servir, de la crème fraîche, c’est impeccable…

Enfin, la grande ortie contient une fibre textile dont on fait des tissus très beaux et très résistants. Figurez-vous que les Allemands, lors de la première guerre mondiale, faisaient récolter des orties pour en faire des manteaux. Par ailleurs, cette même fibre peut donner un très beau papier.
Quelques recettes de grand’mère, mais loufoques cette fois…

Le hoquet…

On fait passer le hoquet en buvant lentement un verre d’eau : le procédé vise, au fond, à arrêter les contractions d’estomac en même temps que la respiration. Mais certaines personnes ajoutent qu’il faut préalablement plonger la lame d’un couteau dans le verre d’eau. Et c’est là qu’on associe, il faut bien le reconnaître, une pratique magique à quelque chose de physiologique au départ…

On pourra aussi répéter autant de fois que possible, sans respirer bien sûr :

J’ai l’souglou,
j’ai l’maglou
J’ai l’hoquet,
Je n’l’ai plus
L’Bon Dieu m’l’a pris.

Contre l’incontinence…

L’arrêt d’urine sera traité par application sur le ventre d’une omelette très chaude ; on conseille aussi de boire du jus de racines de poireaux bouillies, ou d’épluchures d’asperges, ou encore d’avoine bouillie.

Les maux de ventre…

On calme les maux de ventre au moyen de cataplasmes de fiente de vache ; la bouse fraîche a aussi la propriété, dit-on, de guérir des foulures. De fréquentes frictions au lard frais font disparaître les hémorroïdes.

Contre les maux de gorge…

Contre les maux de gorge, on a recours à un vieux remède, encore répandu aujourd’hui, qui consiste à s’entourer le cou, la nuit, d’une chaussette qu’on a portée pendant la journée. C’est idéal paraît-il…

© Lien externe Jean-Luc Dubart

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