Exposition Internationale et Universelle | Expo 58

Publié le 23 mai 2008
dans Rayon actualités.
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Rajeunissons-nous d’un demi-siècle ! Souvenirs, souvenirs…

En ce début de printemps, ils se multiplient à souhait, à la faveur d’une sorte de rétroviseur magique qui remet en mémoire les grands (voire les petits) moments de ce millésime qui a enjolivé 1958… Une année qui, pour notre pays, sinon pour l’Europe et le monde, a vu se dérouler à Bruxelles, du jeudi 17 avril au soir au dimanche 19 octobre, la première «Exposition Internationale et Universelle» de l’après-guerre.

Rappelons-en le thème : «Bilan du monde pour un monde plus humain». La
planète, depuis cinquante ans, est-elle devenue «plus humaine» ? On peut en
douter, même si les progrès, parfois fulgurants, de la technologie ont contribué au bien-être des peuples, sans pour autant effacer les antagonismes ni éviter maintes guerres localisées ci et là, sans oublier non plus une montée inquiétante d’un phénomène nouveau et largement médiatisé : le terrorisme.

Bref, où en étions-nous il y a un demi-siècle, bercés par cet optimisme et cette douce euphorie que générait l’événement mieux connu sous une forme abrégée : l’ «Expo 58» ?

A tout seigneur tout honneur : l’Atomium surplombait de ses neuf sphères (et, Dieu merci, il continue sur sa lancée) le vaste plateau du Heysel et la nuit le rendait pétillant de ses mille et une mini-étoiles. Ah ! quel superbe spectacle !… Symbole d’une ère nouvelle, axée sur les atouts, fussent-ils parfois négatifs, de l’atome, il entendait matérialiser l’espoir de temps meilleurs, alors que le dernier conflit mondial s’était terminé à peine treize ans plus tôt…

Dans la vie courante de nos compatriotes, la semaine des cinq jours n’était encore qu’à ses balbutiements, la plupart des journaux quotidiens paraissaient sept jours sur sept, tous les bureaux et les banques du Royaume étaient ouverts le samedi matin, le courrier était distribué le matin des dimanches et des jours fériés, des centaines de trains à vapeur sillonnaient encore notre réseau ferré, le téléphone automatique ne concernait qu’une minorité d’abonnés, le charbon sortait encore de nos mines, les appareils électro-ménagers faisaient une apparition timide sur le marché, la conquête
de l’espace n’était encore qu’un rêve, les membres du clergé portaient encore la soutane, les vacances scolaires du Carnaval et de la Toussaint étaient inexistantes, etc.

Voilà, énumérés en vrac, quelques aspects de la vie quotidienne d’alors. Les comparer avec ceux d’aujourd’hui ne conduit pas nécessairement à une conclusion positive, car est-on plus heureux même si, dans maints domaines, nous bénéficions à présent de maintes facilités dans de nombreux secteurs d’activités ou de tâches courantes ?

Nostalgie d’un passé qui resurgit à la lumière d’un anniversaire d’une époque dont ne se souviennent que les sexagénaires, qui sont aussi les seuls à pouvoir mesurer le contraste profond qui s’est creusé entre le mode de vie de deux générations…

Expo 58, oasis de fraternité entre les nations présentes au Heysel, même si l’URSS et les USA s’y regardaient en chiens de faïence, séparés par le Palais du… Vatican !

En ces mois de commémoration, l’Atomium, tout fraîchement requinqué pour la circonstance, présente une exposition sur le thème «Utopie et réalité», qui avive la mémoire des visiteurs, ressuscite le passé, évoque l’atmosphère de 1958 et des années qui l’entourent, aligne des statistiques, non parfois dénuées d’humour, en un mot, replonge ceux qui la parcourent dans une ambiance de rêve, telle qu’on l’a connue et savourée pendant un semestre – il y a de cela cinquante ans !

La situation internationale n’en est pas absente : «guerre froide», décolonisation, émergence du Tiers-Monde, autant de sujets qui y refont surface, à l’instar des gigantesques travaux qui ont vu la modernisation de notre capitale et transformé certaines régions du pays (construction des autoroutes notamment).

On se rajeunit d’un demi-siècle en parcourant ce tracé fait de réminiscences heureuses d’un été exceptionnel voire historique, qui avait séduit non moins de 42 millions de visiteurs…

De son côté, le «Musée du Costume et de la Dentelle» ouvre ses portes, jusqu’au mardi 30 décembre, à une rétrospective de la mode de 1958.

Celle-ci entraîne une évolution de la silhouette féminine de l’époque. Paris dicte les tendances en la matière, par les étoffes, les modèles et les couleurs qui y sont présentées.

L’exposition est accessible les lundis, mardis, jeudis et vendredis, de 10 heures à 12 heures 30 et de 13 heures 30 à 17 heures, ainsi que les samedis et dimanches, de 14 heures à 17 heures. Le musée sera fermé les 1er et 11 novembre ainsi que le 25 décembre.

Adresse : rue de la Violette, 12, derrière l’Hôtel de Ville de Bruxelles. Pour toutes informations complémentaires, il suffit de former le numéro d’appel : 02/213.44.50.

Dominique Detrèves

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