La littérature | culture | les Saints | Jean-Luc Dubart

Publié le 29 mars 2008
dans Culture.
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Saint Antoine l’Ermite.

A ne pas confondre avec saint Antoine de Padoue.

Quand a-t-il vécu ?

Il aurait vécu de 250 à … 356, c’est-à-dire qu’il serait mort à l’âge de 105 ans ! Ainsi, vivre dans un désert à l’écart de tout semble prolonger considérablement la vie. Vous ne trouvez pas ?

Pourquoi l’invoque-t-on ?

Saint Antoine l’Ermite est vénéré contre toute une série de maladies de la peau. C’est ce que l’on appelait, jadis, le « feu ou flamme ou feu sacré de Saint-Antoine ». Il fut, avant saint Roch, prié contre la peste. Le mal de Saint-Antoine correspond aussi à l’ergotisme gangreneux, c’est-à-dire que l’on prétendait que l’ergot de seigle provoquait la gangrène…

Comment est-il représenté ?

Il est représenté en bure recouverte d’une cape avec un capuchon. En main, une plume d’oie ou un bâton auquel est accrochée une clochette. Ce bâton, cette canne est en forme de T, en forme de tau grec. Il est souvent accompagné d’un cochon. On dit d’ailleurs, en picard, Saint Antoine et s’pourcheau.

Saint Antoine est aussi un saint vétérinaire…

Saint Antoine est le protecteur de la race porcine en référence aux tentations que Satan lui infligea dans le désert de Thébaïde. Alors qu’il s’astreignait au jeûne et au silence en signe de pénitence, le démon lui envoya les odeurs de cette viande cuisinée pour tenter de le faire succomber. Mais saint Antoine, bien sûr, a résisté à la tentation, il n’y a pas succombé…

Saint Barnabé | 11 juin

On connaît bien l’adage suivant :

« Quand il pleut à la Saint-Médard,
Il pleut quarante jours plus tard ;
A moins qu’à la Saint-Barnabé
Ne brille un beau soleil d’été ».

Ou encore :

Saint Médard
grand pissard
Saint Barnabé
Lui coupe le nez

Ces proverbes me font d’ailleurs penser à un de mes amis qui dit toujours : j’ai connu mon premier amour le jour de la Saint-Médard : il m’a plu durant quarante jours !

Sinon, saint Barnabé fut un des premiers juifs à croire en la divinité du Christ et c’est sur sa caution que les Apôtres accueillirent en leur sein le futur saint Paul, l’ancien persécuteur.

Sainte Catherine. | 25 novembre

Fêtée le 25 novembre, sainte Catherine aurait vécu à Alexandrie. Cette vierge chrétienne, aussi savante que jolie, et à laquelle se rattachent les traditions médiévales concernant l’habillement et la coiffe, est, selon une légende connue seulement du IXème s, une des plus célèbres martyres des premiers siècles. Fille du roi d’Alexandrie née au IVème s, un ermite l’aurait convertie en lui proposant comme seul fiancé digne d’elle, Jésus dont il lui montra l’image. De là, la légende du mariage mystique de Sainte Catherine.
Elle avait annoncé, en effet, qu’elle désirait se marier. Mais avec un prince aussi beau et aussi savant qu’elle-même. La deuxième condition rendait déjà, en soi, la chose impossible.
« C’est la Vierge Marie qui te procurera l’époux rêvé » avait affirmé l’ermite Ananias qui avait eu un songe.
La Vierge Marie apparut la nuit suivante à sainte Catherine avec l’enfant Jésus. « Le veux-tu ? » lui demanda-t-elle. Oh oui ! répondit Catherine. Et toi, Jésus, la veux-tu ? continuait Marie. Et Jésus de répondre : Oh non ! Elle est trop laide. Catherine courut alors chez l’ermite. « Il me trouve trop laide, dit-elle en pleurant ». « Ce n’est pas ton corps mais ton âme orgueilleuse qui lui déplaît ». L’ermite l’instruisit, la baptisa et, surtout, la rendit humble. Jésus put alors l’épouser. C’est précisément cet épisode que l’on appelle désormais le « mariage mystique de sainte Catherine ». On dit encore qu’elle entra en conflit avec l’empereur Maxence lorsque celui-ci voulut forcer les habitants d’Alexandrie à sacrifier aux idoles. Elle confondit et convertit 50 philosophes païens de la province. L’empereur prépara quatre roues garnies de pointes pour lui déchirer le corps. Mais, l’engin s’étant brisé, il lui fit trancher la tête …
Sainte Catherine est vénérée pour l’affection de la peau dite «roue de Sainte-Catherine».
Elle est la patronne des charrons et menuisiers mais surtout des jeunes filles à qui il appartenait autrefois de coiffer la statue de la sainte lors des processions. Sainte Catherine est représentée en fille de roi, avec la couronne sur la tête. Ses attributs sont le livre, symbole de la science, la roue et l’épée (en fait : roue montée de pointes aiguës), instrument de son supplice, l’anneau de son mariage mystique, la palme du martyre. Parfois, on la représente discutant avec des théologiens.

On fête désormais sainte Catherine Labouré, entrée chez les Filles de la Charité à 24 ans. Ce fut à Paris, à la Rue du Bac, pendant son noviciat, que la Vierge Marie la chargea de répandre la « Médaille miraculeuse ». Elle fit part de sa mission à son confesseur qui prit sur lui de répondre au voeu de l’Apparition. Son noviciat terminé, sainte Catherine Labouré partit à l’hospice d’Enghien (près de Paris) pour soigner les vieillards. Ce n’est qu’après sa mort qu’on sut que c’était elle « la voyante de la Rue du Bac ».

Sainte Cécile | 22 novembre

Sainte Cécile est célébrée le 22 novembre. Il existe, en fait, deux saintes Cécile : celle de l’histoire et celle de la légende. La Cécile historique est une dame romaine, mère de famille nombreuse, qui fit don d’une maison et d’un terrain aux chrétiens dès premiers siècles. La maison se transforma en église : Sainte-Cécile-au-Transtévère et le terrain devint le cimetière Saint-Calixte où Cécile fut d’ailleurs enterrée près de la crypte funéraire des papes. C’est au VIème siècle que les pèlerins se demandèrent qui était cette « Caecilia » mise en « bière » en si honorable compagnie. Une Passion fut alors publiée qui créa précisément la Cécile légendaire. La Cécile de la légende devint une jeune fille de la plus haute noblesse mariée contre son gré mais qui a sauvegardé sa virginité en mourant martyre trois jours après son mariage. Elle aurait converti dans ce bref laps de temps : son mari, Valérien, son beau-frère, Tiburce, ses bourreaux et même… 400 païens !
Au Vème s déjà, Cécile était très vénérée. Son nom figure même dans la première prière eucharistique. Au XVIème s, son corps aurait été retrouvé intact en l’église Ste-Cécile du Transtévère, à Rome. Elle inspira de nombreux artistes, musiciens – dont Purcell et Haendel – ou des peintres comme Raphaël, Rubens et Véronèse. Depuis le XVIème siècle, les peintres représentent sainte Cécile s’adonnant à la musique vocale et instrumentale. Et les musiciens en ont fait leur patronne.

D’où vient le fait qu’on la représente généralement comme s’adonnant à la musique vocale et instrumentale ? Du récit légendaire qui veut que le jour de ses noces, tandis que les orgues jouaient, elle « chantait en son coeur » pour que le Seigneur obtienne de lui garder sa virginité !

En outre, sainte Cécile est la patronne des luthiers et autres fabricants d’instruments de musique.

Saint Charles Borromée | 4 novembre

Charles était le secrétaire d’Etat de son oncle, le pape Pie V. Il a eu, en fonction de son chapeau de cardinal et de toutes les administrations qu’il avait à gérer jusqu’à 1 528 000 kg d’argent fin. Bien qu’on fût, en effet, en plein concile de Trente (1545 – 1563), les hauts prélats de l’Eglise croyaient toujours que si le Christ s’est fait crucifier, c’est pour nous mériter à tous la vie éternelle mais eux, en plus, par surcroît, les honneurs et les profits…
Heureusement, saint Charles Borromée a renoncé à cette vie et il entreprit de réformer son décision. Il a fondé des séminaires et plus de 800 écoles où six mille prêtres, formés par lui, enseignaient le catéchisme… Comme il dérangeait, on tenta de l’assassiner. Saint Charles Borromée est mort à Milan le 3 novembre 1584.

Saint Christophe | 25 juillet

Pour les Grecs, qui déjà bâtissaient des églises au Ve siècle en son honneur, c’était un ancien cannibale qui avait subi le martyre en Lycie (Turquie) sous Decius (248-251).
Pour les Latins, c’était un géant de cinq mètres de haut qui prenait un arbre en guise de bâton, quand il sortait.
N’étant pas homme à servir le premier venu, il s’était loué comme garde du corps d’un grand empereur. Il le quitta, l’ayant vu se signer quand on prononçait le nom du démon .
« Le démon est plus fort que toi ? lui dit-il.
Alors, au revoir ! C’est lui que je veux servir ».
« Il quitta le démon, s’étant aperçu que celui-ci tremblait à la vue d’une croix.
« Le crucifié est plus fort que toi ? Alors, adieu ! C’est à lui que je vais offrir mes services ».
Un saint ermite le renseigna sur ce point.
« Il te faudra jeûner, mon fils. – Impossible, mon père, avec un appétit comme le mien. – Prier . – Mais en attendant que je sache mes prières ? … – Aider ton prochain ».
Christophe s’établit passeur d’eau au bord d’un torrent furieux où beaucoup se noyaient. Il faisait payer les riches ; les pauvres, il les passait gratis, pour l’amour du Christ. Une nuit, il fut hélé par un enfant. Il eut mille peines à le hisser sur son épaule, et il pensa ne jamais atteindre l’autre rive.
« Mais qui es-tu, mon enfant ? dit-il en y arrivant ; tu pèses aussi lourd que le monde. – Je suis celui qui a créé le monde, répondit jésus ; et je suis venu t’annoncer que tu serais bientôt martyr, pour ta récompense.
« Et il en fut ainsi ; et c’est tout ce que Christophe désirait.
On croyait au moyen âge qu’il suffisait de regarder son image pour n’avoir pas d’accident dans la journée. Christoforum videas, postea tutus ea : « Regarde saint Christophe, et va-t’en rassuré ».

Saint Eloi | 1 décembre

Fêté le 1er décembre, Saint Eloi (en latin élu) serait né en 588 à Chaptelat, à deux lieues de Limoges ; il est d’abord ouvrier en métaux et fait l’admiration générale par son honnêteté professionnelle, sa charité pour les pauvres et les malades, son austérité de vie. Il est l’orfèvre et le monnayeur des rois Clotaire II et Dagobert Ier.

L’histoire raconte que Clotaire II lui envoie de l’or alors qu’Eloi est orfèvre à Paris. Le roi lui commande un trône. Ayant eu de l’or en trop, ce n’est pas un mais deux trônes qu’il fabrique. Eloi a donc la grande honnêteté de ne pas se l’approprier. Il est alors nommé « grand monétaire » et devient l’ami et le conseiller de Dagobert. Ce dernier ne prenait – comme en témoigne la chanson – aucune décision sans consulter le futur saint.
Dans ses moments perdus, il continue son métier d’orfèvre et réaliser des châsses pour sainte Geneviève, saint Martin et d’autres saints de la Gaule. Vers 640, il accède au siège épiscopal de Noyon et devient le modèle des évêques. Par la suite, il aurait créé l’abbaye des Dunes près de Dunkerque. Il est mort en 660. C’est un des saints les plus populaires de nos régions.
Parce qu’une autre légende dit que saint Eloi a coupé et recollé la jambe d’un cheval pour en ferrer le sabot, il est devenu également le patron des maréchaux.
En fait, saint Eloi est le patron des orfèvres, des graveurs, des forgerons, des chaudronniers, des horlogers, des mineurs, des doreurs, des ferblantiers, des voituriers, des vétérinaires, des tonneliers, des maréchaux, des charrons, des carrossiers, des laboureurs, des valets de fermes et des vanniers.
On l’invoque pour les chevaux et les mulets ; contre les chevaux méchants, les écrouelles, les ulcères, les épidémies et les épizooties.
Il est encore prié pour la prospérité dans les entreprises industrielles et commerciales ; il est invoqué contre la fistule, contre les maladies des chevaux ou contre les chevaux méchants.
En Ardenne, il est vénéré contre les furoncles, l’épilepsie, les plaies aux jambes, les abcès, l’entérite, les maladies des yeux.
Il est tout naturellement représenté en évêque, avec l’enclume et le marteau des forgerons.

Saint Ghislain | 10 octobre

Saint Ghislain était originaire d’Athènes mais il voyage dans le nord de l’Europe pour y prêcher l’Evangile. C’est ainsi qu’il arrive dans le Hainaut, plus précisément à Ursigondus, un petit village entouré de forêts où vivaient alors des ours. Il y annonce la Bonne Nouvelle et mène une vie toute simple. Un beau jour d’été, il va se baigner à la rivière. Il enlève ses vêtements et les dépose dans un panier d’osier. Mais alors qu’il est dans l’eau, une ourse sort des fourrés et s’empare des habits de Ghislain. Comme le pauvre homme ne peut rentrer nu au village, il implore l’aide de Dieu. Alors un aigle apparaît, qui conduit Ghislain à l’endroit où l’ourse et ses petits s’amusent à lacérer les vêtements volés.
Saint Ghislain est, dans nos contrées, le protecteur des mères et des enfants (nombre de personnes ont, comme deuxième ou troisième prénom, le nom du saint au masculin, voire au féminin).

Les Saints de Glace

11 mai : saint Mamert.

Saint Mamert est demeuré célèbre pour avoir institué les « rogations ». Il y avait à Vienne, dans le département de l’Isère, des tremblements de terre, des incendies mystérieux, des inondations et des sécheresses, sans parler des ours et des loups qui venaient dévorer les animaux domestiques et parfois leurs maîtres. C’est Mamert qui prit la décision d’organiser, trois jours de suite, à travers champs, une procession pour demander au ciel la cessation de ces fléaux. C’est le pape, alors, Léon III qui, au IXe siècle, a fait en sorte, en fonction de l’enthousiasme des personnes, de les rendre obligatoires. Mamert appartient aux saints de glace, ces vilains personnages, en quelque sorte, qui soufflent le froid alors que le temps devrait être chaud.

12 mai : saint Pancrace.

Voilà encore un saint de glace : Servais, Pancrace et Boniface Apportent souvent de la glace, dit l’adage. Ou encore, avec le précédent : Mamert, Servais, Pancrace sont trois saints de glace. Thumaide – connue aussi pour son inciné- rateur – est la seule église du Hainaut à être dédiée à Pancrace. Autre saint fêté le 12 mai : le petit village de Bruyelle, près d’Antoing, fête sa sainte patronne : sainte Rictrude, qui est priée, quant à elle, pour toutes les maladies internes.

13 mai : saint Servais.

Saint Servais prend à son compte, avec Mamert et Pancrace, nous l’avons dit, les maléfices météorologiques. Il est aussi vénéré pour les rhumatismes et le bétail. La fête de Saint-Servais attire donc les éleveurs qui demandent au saint d’épargner à leur bétail les maladies, surtout la « cocotte » ou stomatite aphteuse. Saint Servais est bien prié à Dergneau, Rebaix, Chapelle-à-Oye et Stambruges. Dans ce dernier village, on pouvait trouver les « bâtons de Saint-Servais », baguettes de coudrier, dont l’écorce était taillée en spirale.

Saint Henry | 20 janvier

Le saint patron de la Finlande n’est autre que saint Henry, non pas l’Empereur d’Allemagne mais un évêque anglais d’origine et mort martyrisé en 1155. Il était auparavant évêque d’Uppsala, en Suède. Envoyé évangéliser la Finlande païenne, il trouva prématurément la mort par la hache d’un paysan sans miséricorde et fut enterré dans l’église locale.

Henry fut par la suite canonisé et la cathédrale romane de Turku (sud-ouest), où fut déposée sa dépouille mortelle, reçut son nom en 1300.

Saint Hubert

Fêté le 3 novembre, on le dit apparenté à Charles Martel. Il semble avoir été marié à Floribanne, la fille du roi Dagobert. Les chroniqueurs nous disent qu’il était connu pour  » les folles joies de sa vie mondaine  » peu édifiante, jusqu’au jour où la grâce de Dieu et les conseils de saint Lambert, évêque de Maastricht, l’entraînent vers la sainteté.
La tradition raconte cette belle histoire du cerf qu’il vit durant une chasse, un jour de vendredi-saint, et qui lui apparut avec une croix entre ses bois  » Chasser un jour pareil ? pourquoi ne vas-tu pas prier, misérable ? » lui dit le cerf crucifère. Et Hubert change aussitôt de vie.
Ce trait apparaît également dans la vie de saint Eustache. Et certains, par le fait même, n’y ont pas cru comme si Dieu n’avait pas le droit de refaire, deux fois en moins de cinq cents ans, le même prodige.
Toujours est-il que Saint Hubert est, dès le 11ème siècle, le patron des chasseurs.
Ce qui est historique, c’est qu’en 688, il abandonne le duché d’Aquitaine à son frère pour se consacrer totalement à Dieu. Après une vie monastique exemplaire, il est élu évêque de Liège-Maastricht et Tongres, puisque saint Lambert vient d’être martyrisé. Saint Hubert fut un grand évêque, proche de ses fidèles qu’il rejoignait là où ils vivaient, dans les clairières, sur les rivières, dans les villages. Attentif à toute misère, il aidait les malheureux et les prisonniers. Il mourut dans les bois de Tervueren des suites d’une blessure occasionnée par un ouvrier maladroit qui lui écrasa la main gauche. Il fut enterré à Liège.
L’abbaye d’Audange à Saint-Hubert fut un centre de pèlerinage important : on y venait prier le saint contre la rage et y pratiquer l’opération de la taille sur les malades. Il s’agit là d’un acte chirurgical.
Jusqu’au XVème siècle, Saint Hubert est toujours représenté en évêque, portant autour du cou l’étole miraculeuse apportée par un ange. Le cerf est présent. Après le XVème siècle, il est plutôt représenté en chasseur, mais toujours accompagné du cerf crucifère.

Saint Isidore de Séville | 4 avril

Saint Isidore – qui n’était pas un enfant prodige – est devenu un véritable Pic de la Mirandole de son temps. Il est donc devenu un grand savant.
Quel en a été le déclic ? L’histoire est belle, me semble-t-il. Je vous la raconte. Rien, malgré les corrections et les châtiments, rien ne lui entre dans la tête, à Isidore. Jusqu’au jour où, s’étant sauvé dans la campagne pour éviter le fouet, il remarque sur la margelle d’un puits des sillons creusés dans la pierre. On lui explique alors qu’il s’agit du frottement de la corde. Il en conclut donc que la répétition et les efforts acharnés sont l’âme de l’enseignement. C’est à partir de ce moment-là qu’il écrit une oeuvre immense… Astronomie, géographie, exégèse, théologie, science, littérature, histoire religieuse et profane… Rien, Rien n’y manque. Comme sur Internet, vous ne croyez pas ?

Saint Jean de Dieu.

Une vie dissolue, puis une vie de chasteté : les voies du Seigneur sont, dit-on, impénétrables. Saint Jean de Dieu est d’origine portugaise. Il est né dans cette très belle région du Portugal, l’Alentejo, à Evora, en 1495. Dès l’âge de huit ans, il décide de partir à Madrid, tombe en défaillance à 160 km de là, et est recueilli par le maire de l’endroit qui possédait une fille unique et un grand troupeau de moutons.
Jean le sert si bien que l’homme lui offre sa fille unique mais Jean préfère combattre aux côtés de Charles-Quint contre les Français. Pour avoir laissé voler un trésor dont il avait la garde, il est chassé de l’armée, revient chez le maire qui le pardonne et le veut toujours pour gendre. Cette fois, Jean part combattre les Turcs en Hongrie !
Après une jeunesse dissolue dans l’armée, Jean est saisi par le remords, et s’établit à Grenade pour vendre des objets de piété. Il est si bouleversé par un sermon que donne Jean d’Avila qu’on doit l’emmener dans un asile de fous. Par la suite, il décide de se dévouer aux soins des pauvres et des malades et se met à l’oeuvre avec un tel enthousiasme qu’il obtient les succès les plus surprenants. Il fonde les Frères Hospitaliers (frères de saint Jean de Dieu). Les infirmiers ont deux saints patrons : saint Camille de Lellis, d’une part, et saint Jean de Dieu, d’autre part.

Saint Laurent | 10 août

Saint Laurent est un martyr du IIIe siècle. Le pape Sixte II meurt décapité. On laisse quatre jours au diacre Laurent, qui possédait la clef de la caisse, pour livrer, conformément à la loi, les « richesses » de l’Eglise à l’Empereur. Ce délai exprimé, Laurent revint, suivi d’une troupe de misérables et d’éclopés. « Tiens, voilà nos richesses, dit-il, en les présentant au magistrat impérial ; recommande à l’empereur d’en avoir grand soin, puisque nous ne serons plus là pour veiller sur eux ». On le coucha sur un gril ardent, afin de le faire mourir à petit feu ; mais lui, par la grâce de Dieu, ne sentait rien. A un moment donné, il dit même à son bourreau : « Je suis assez cuit sur le dos ; retourne-moi sur le ventre, si tu veux que l’empereur ait de la viande bien cuite à manger ». Et il mourut en priant pour la Ville Eternelle.
Le ton de cette Passion a vraisemblablement fait en sorte que Laurent devienne un des martyrs les plus célèbres de la chrétienté. Dès le IVe siècle, sa fête se célébrait avec la même solennité que celle des saints Pierre et Paul. Il devint d’ailleurs avec eux le patron de la Ville Eternelle.

Saint Martin | 11 novembre

Né en Hongrie vers 325. Fait une carrière militaire dans la garde impériale. Se convertit au christianisme. Vient à Poitiers où il devient le disciple de saint Hilaire. Fonde le monastère de Ligugé, près de Poitiers, en 360, qui fut le premier en Occident. Les habitants de Tours le choisissent comme évêque en 371. Fondateur de paroisses, évangélisateur des campagnes, il parcourt la Gaule pour prêcher l’Evangile.
Meurt en 397. Ses reliques sont conservées à Tours. Son tombeau est devenu très tôt un centre de pèlerinage. Aucun saint n’est plus populaire dans l’Ancienne France. Représenté en cavalier romain partageant son manteau avec un pauvre, ou en évêque tenant en main un livre ou la maquette d’une église.
En Ardenne : prié aussi pour les récoltes de fruits.

Motifs d’invocation :

«Esquinance» (XVIe siècle) (inflammation de la gorge, amygdalite) ;
saint équestre : il est donc aussi invoqué pour les chevaux.
Procession aux allumoirs dans de nombreuses communes du Dunkerquois.

Folklore :

La légende veut qu’il se soit arrêté à Dunkerque et qu’il ait été tellement bien reçu que son âne profita de son inattention pour se sauver dans les dunes. Les enfants se lancèrent à sa recherche, munis de lanternes et le retrouvèrent rapidement. En guise de remerciement, le bon saint Martin aurait transformé les crottes abandonnées dans les dunes par sa monture en brioches connues sous le nom de craquendoules ou de «voolaeren» (follards). Pour commémorer l’incident, chaque année à la Saint-Martin, les habitants de la Flandre maritime défilent dans les rues en chantant et en brandissant des lanternes. A cette occasion, les boulangeries se remplissent de follards et les écoles organisent de très sérieux concours de lampions et de betteraves sculptées.

Saint Nicolas de Myre | 6 décembre

Fêté le 6 décembre, Nicolas de Myre (Asie Mineure) fut un authentique évêque et il sauva, du temps de l’empereur Constantin (IVème s), trois officiers d’une mort certaine.
Mais la légende en a fait un homme puissant et bon et le saint acquit une popularité sans égale en Orient, devenant même le patron de la Russie orthodoxe. Son culte gagna l’Occident au XIème s quand ses reliques furent transférées à Bari (Italie) en 1087, si bien qu’à la date de la « fête d’hiver » (6 décembre) s’ajoute encore en Orient « la fête d’été » (13 mai).
On prête à saint Nicolas toutes sortes de miracles. Il aurait ressuscité trois enfants qu’un aubergiste avait égorgés puis mis au saloir, il aurait sauvé de la prostitution trois jeunes filles que leur père n’arrivait pas à nourrir, en leur donnant à chacune une bourse, il aurait sauvé de la noyade des gens ballottés sur un vaisseau en pleine tempête. Enfin, il aurait sauvé trois officiers injustement condamnés en apparaissant en songe à l’empereur Constantin.
On invoque saint Nicolas lors des procès et contre les vols.
Saint Nicolas est le patron des écoliers, mais aussi des bateliers, des pêcheurs, des débardeurs et des marins, des voyageurs et des pèlerins, des tonneliers et des brasseurs, comme des filles sans dot et de ceux qui ont injustement perdu leurs procès ; on l’invoque enfin contre les voleurs.
Les représentations habituelles du saint font allusion à ces épisodes merveilleux.

Sainte Rita | 22 mai

Certainement une des saintes les plus connues et les plus invoquées. Elle est l’avocate des causes impossibles, l’avocate des causes désespérées. Quand on ne sait plus à quel saint se vouer, c’est vers elle que l’on se tourne…
Mariée à un homme qui la bat fréquemment, Rita ne s’en montre que plus douce et affectueuse avec lui. Ce même mari est assassiné par un de ses ennemis.
Ses enfants veulent tuer le meurtrier mais ils meurent avant de réaliser leur projet. C’est alors que Rita entre chez les augustines de sa ville natale, c’est-à-dire Cascia, en Ombrie, en Italie. Vous avez bon nombre de pèlerinages à sainte Rita dans la région : je pense à Braffe, à Brasménil, et Vendeville en France.

Sainte Thérèse de Lisieux | 1 octobre

Sainte Thérèse est née à Alençon en 1873 dans une famille de neuf enfants dont cinq seulement survécurent – cinq soeurs qui entrèrent d’ailleurs toutes au couvent – et est morte à Lisieux au carmel le 30 septembre 1897. Entrée en religion à l’âge de quinze ans sous le nom de « Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face », elle y vécut dans d’humbles emplois, sans visions, sans miracles, réussissant à passer inaperçue. Elle souffrit un martyre continuel durant dix-huit mois. Victime d’une erreur de diagnostic, – elle était atteinte de phtisie-, décéda à l’âge de vingt-quatre ans en « pleine extase ». Parmi ses dernières paroles, on cite cette phrase : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ». Patronne des missions, co-protectrice de la France avec Jeanne d’Arc, elle a laissé un livre bouleversant, en forme de journal intime : « Histoire d’une âme ». Cette sainte, invoquée contre la tuberculose, est honorée dans presque toutes les églises ou chapelles de la région.

Le patron des amoureux | Saint Valentin | 14 février

Les historiens ne s’accordent pas et bien qu’il existe sept Saint Valentin différents, dont deux sont célébrés le 14 février (en Allemagne, on fête Saint Valentin de Rhétie, qui vécut au Vème siècle et qui est invoqué pour la guérison de l’épilepsie), celui qui nous occupe est bien le prêtre Valentin.

Comme les amoureux, le 14 février, les Valentin sont deux !

D’après la Tradition, on ensevelit saint Valentin, un prêtre, sur la voie Flaminienne où on lui rend bientôt un culte. L’ami de Dieu, qui est médecin avant de devenir prêtre, est mort martyr, décapité à Rome, vers 269. Ce prêtre est prié contre la peste et les évanouissements (amoureux ?). Mais à la même date, on célèbre aussi un évêque, Valentin, lui aussi décapité, mais à Terni, près de Rome, en 273.

Les légendes

Un jour, Saint Valentin voit entrer en son humble demeure un dénommé Craton, philosophe romain. Celui-ci vient le supplier de se rendre auprès de son fils, agonisant. Et Valentin de répondre : “ J’irai à condition que tu promettes de devenir, toi et les tiens, des amis du Christ, si je le guéris ”. Craton promet et Valentin, bien sûr, guérit le malade. Dès lors, toute la famille du philosophe se convertit. Le bruit de ce miracle se développe comme une traînée de poudre : Abundius, le préfet de Rome, et qui vénère les dieux romains, en a connaissance et condamne à la décapitation saint Valentin. C’est toujours l’époque – avant l’empereur Constantin – des plus atroces tortures pour les chrétiens.

D’autres légendes prétendent que c’est après avoir rendu la vue à un homme (parfois, l’histoire affirme qu’il s’agit de la fille de son geôlier) qu’il sera arrêté en 269 et décapité en 273 par l’empereur Claude II.

Saint Valentin, patron des amoureux

Là encore, une hypothèse : peut-être parce qu’au Moyen Age, l’époque de sa fête, à la mi-février, était considérée comme le temps où les oiseaux commencent à se  » fréquenter « . Aussi, les jeunes gens et les jeunes filles, choisissaient-ils de préférence ce jour-là pour se fiancer ou se déclarer leur amour. Dans les pays anglo-saxons, le mot « Valentine » est synonyme de  » Sweetheart  » (amoureux) et désigne une carte postale que les amoureux s’envoient, même s’ils sont mariés depuis des années.

Autrefois, au Québec, les jeunes filles attendaient le printemps et regardaient les oiseaux pour deviner la profession de leur futur mari. Cet exposé est prétexte à discussion et à coloriages.

D’autres interprétations…

L’association de Valentin viendrait du poète anglais Geoffrey Chaucer, qui suggéra que les oiseaux s’acccouplent ce jour-là.

D’après une autre version, le jour de la saint Valentin fut un moyen de christianiser les lupercales de Rome. Pour rappel, les lupercales étaient la fête annuelle en l’honneur de Lupercus, le dieu-loup, le dieu de la fécondité. La fête comportait trois actes : le sacrifice d’un bouc, la course des luperques et un banquet. Les hommes à demi-nus couraient derrière les femmes et les cinglaient avec des lanières découpées dans la peau de la bête que l’on venait d’égorger. Les Romains prétendaient que les coups de lanières favorisaient la fécondité et la montée du lait chez les femmes. Heureusement pour la gent féminine, le pape Gelase I obtint la suppression de cette fête en 495.

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