Salm-Ourthe | Le mot du Conseiller Spirituel
Publié le 1 novembre 2006
dans Dans notre région.
Tags : expérience, injustice, Salm-Ourthe, Société Publier un commentaire
Bonjour à toutes et à tous,
De nos jours, bien des gens mettent fin à leur vie, non pas parce qu’ils ne « veulent » plus vivre, mais parce qu’ils ne « peuvent » plus vivre.
Dans certains pays, des jeunes de vingt ou vingt-cinq ans se laissent mourir au fond des prisons. Ils estiment ne plus avoir d’autre moyen, pour dénoncer l’injustice de cette interminable descente vers la mort.
Des jeunes et des adultes n’ont plus rien à dire que leur déception devant nos sociétés à bout de souffle. En effet, dans notre société, nous constatons un acharnement contre la vie et le goût de vivre.
Et pourtant, nous sommes faits pour la vie. L’expérience fondamentale de notre condition humaine, c’est l’expérience de la vie. En effet, ce qui est premier en nous, ce qui est essentiel, c’est la volonté farouche de vivre. L’évangéliste Matthieu, au chapitre 22, verset 32, nous dit que « Dieu est le Dieu des vivants ». Dieu nous a faits pour la vie, pour le bonheur, pour la joie. Il est la source de cette passion de vivre, que nous sentons bouillonner en nous, certains jours de grâce ou de soleil, au-delà des amours blessées ou déçues, au-delà des solitudes, des chagrins, des échecs, au-delà des violences, des injustices et des désespoirs. Toutes les promesses de Dieu sont des promesses de vie. C’est saint Jean qui écrit : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie, pour qu’ils débordent de vie » (chapitre 10, verset 10).
La vie n’est pas derrière nous, mais devant nous. Hier, on nous disait qu’il y avait toujours eu et qu’il y aurait toujours des riches et des pauvres, des injustices et des guerres, et que c’était la volonté de Dieu. Hier, on nous disait que le bonheur éternel serait à la mesure de notre patience, de notre silence, de notre résignation. C’est ce pays, appelé « hier » que Dieu nous demande de quitter… C’est à cet hier qu’il nous demande de mourir. En conséquence, mourons au passé, à nos traditions, à nos habitudes, et parions, sur la vie, l’amour et la joie.
Renonçons à nos peurs, à nos tristesses, à nos timidités et crions nos refus et nos colères. Mourons à nos aveuglements, à nos résignations, à nos silences. Vivons lucides, solidaires, debouts, créateurs d’un monde nouveau.
Traditionnellement, le mois de novembre est consacré à faire mémoire de nos défunts. Demandons-leur, à eux qui ont terminé leur course ici-bas, de nous aiderà ne pas nous arrêter de naître, ce qui serait pire que mourir.
Permettez-moi aussi de vous demander d’ouvrir un coin de prière à mes intentions et de croire en mes sentiments les meilleurs.
Une suggesttion de votre Conseiller Spirituel, l’Abbé Louis DECHEVIS.
Altéo | province de Luxembourg | Mutualité Chrétienne | Salm-Ourthe
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